La photo. Longtemps considérée comme un grand art, un objet de beauté, la photographie est aussi un moyen d’expression, et plus intrigant encore, une thérapie.

Face à un mal-être profond, une timidité maladive ou une pudeur exacerbée, calquer son image sur un support photosensible pourrait aider à se sentir mieux. C’est l’expérience qu’a faite Vincent Sg, 33 ans, jeune-artiste dessinateur, modèle à ses heures perdues.

Un doigt d’honneur aux stéréotypes

Et si poser devant l’objectif n’était pas qu’une façon de s’exhiber ? Et si offrir son physique à l’art des photographes avait des vertus thérapeutiques ? C’est l’expérience folle que vit Vincent Sg depuis un peu plus d’un an. Autrefois en proie à une timidité paralysante, un mal-être persistant et une pudeur tenace, le trentenaire se tourne vers le sport et la photographie, afin de trouver plus qu’un exutoire, le moyen de combattre une anorexie mentale, tout en apprenant à accepter son corps.

Un parcours comme un autre

Retour dans la région parisienne, dans un quartier pavillonnaire des Yvelines, où le petit Vincent vit alors, élevé par une mère aimante, dans une fratrie de trois enfants. Après la violente découverte d’une orientation sexuelle autoréprouvée, et le décès d’un frère tant aimé, notre témoin traverse, en plus de ses complexes physiques, une dépression qui aggrave ses troubles d’appétit : « Je n’ai jamais été un grand mangeur. Je préfère la sensation de faim à celle de satiété », confie Vincent. « J’ai perdu mon grand-frère à mes 21 ans, ça m’a déclenché une anorexie, j’ai perdu 15 kg en 6 mois ». De quoi bouleverser même les personnes les mieux construites.

Une souffrance silencieuse

« Je n’étais pas bien dans ma peau, la mort de mon frère associée à mon homosexualité ». Pour ne rien arranger, la perte de poids du lyonnais passe complètement sous les radars : « J’étais à 47 kg pour 1 m 75. Pour les gens, ce n’était pas important, ça ne se voyait pas spécialement, jusqu’à mes aller et retour à l’hôpital ».

Pour Vincent, le salut viendra sous la forme d’un conseil : « J’aurais pu descendre encore plus bas, si je n’étais pas tombé sur une amie qui m’a conseillé de faire de la muscu. Il fallait que je me recrée une sensation de faim que j’avais perdue ».

Après 3 ans de sport et la sculpture d’un corps qui ferait baver plus d’un, Vincent ressent le besoin d’aller encore plus loin, un ultime voyage vers l’acceptation de son « nouveau corps ».

Une aventure passionnante

C’est donc la photographie qui constituera sa nouvelle thérapie. Pour ce modèle amateur, « la photo est une manière de vaincre sa timidité, sa pudeur ; une façon d’accepter son corps, de se voir au travers du regard d’un photographe ».

Quand on lui demande si la « photothérapie » est réellement efficace, Vincent répond spontanément oui ! Bien que « l’on ne peut pas effacer 30 ans de critiques, et ce n’est pas une année de compliments, ou de regards enflammés, qui va gommer les blessures ». Aujourd’hui néanmoins, « je n’ai plus peur de me mettre devant un photographe dans le plus simple appareil, je peux aller à la plage ou à la piscine ».

Si le combat contre l’anorexie se mène sur toute une vie, Vincent arrive tout de même à juguler ses crises : « Aujourd’hui, ça m’arrive encore de ne pas manger durant plusieurs jours, mais j’ai, désormais, peur de maigrir ». Un bon candidat pour Koh-Lanta ? La blague fait sourire le dessinateur de 70 kg qui répond : « Je serais au top pour Koh-Lanta, mdr ».

« On est toujours limité à son physique, modèle ou non, c’est la société qui veut ça. Je passe beaucoup de temps à expliquer ma soudaine envie de faire de la photo. Je dis aux gens que ce n’est pas juste de l’exhibition, mais bel et bien un moyen d’expression et d’acceptation de soi ». Une démarche aux antipodes de la vision stéréotypée qui associe parfois le désir de poser à un aspect narcissique.

Retrouvez Vincent Sg sur Instagram

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