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Histoire gay- Partage de tendresse

On a tous, je pense, un moment dans notre vie où on perd presque tout contrôle sur les événements ou sur ce qui se passe à un instant précis.

Avec les histoires de Chris

J’ai eu l’occasion dans ma vie d’en faire une fois l’expérience au cours d’une séance de formation qui se déroulait à 400 kilomètres de chez moi.

J’avais trois jours de formation obligatoire à suivre pour le travail. Plusieurs collègues y participaient aussi. On s’était presque tous arrangés un peu avant notamment pour les questions de déplacement et d’hébergement. Il se trouve qu’on avait réussi à grappiller un peu et on s’était dégoté une petite maison d’hôte dans un cadre bien sympa des Alpes. On avait décidé de tous y aller histoire de rendre ce périple un peu plus sympa, l’ambiance était suffisamment bonne pour qu’on se retrouve tous ensemble pendant trois jours.

Le jour de la formation approchait. Le départ s’est passé sans trop de retard, la route n’a pas été trop longue et on a entamé la session de formation presque directement en arrivant. On a juste déposé les affaires dans la maison d’hôte sans trop prendre le temps d’y regarder. Les propriétaires ont été assez arrangeants de ce côté-là. La formation a débuté ainsi qu’une longue journée chiante je dois le dire. Personne n’était trop motivé à suivre ces deux jours imposés par la société mais bon, il le fallait. On a été patients, avec un repas de midi sur le pouce et une après-midi aussi barbante que la matinée… on aurait tous dû avoir une prime pour subir ces deux jours, mais bref.

La fin de journée nous a libérés assez tôt finalement. Certains d’entre nous sont partis faire une visite dans les alentours, le reste de la troupe s’est rentré directement à la maison d’hôte pour prendre possession des lieux et souffler un peu. Quand on est arrivés, on a retrouvé nos affaires et les propriétaires nous ont fait leur petit speech de bienvenue en nous offrant un apéritif, quelques petits trucs à manger et on a fait le tour du jardin immense. C’était parfait comme accueil, idéal pour se détendre et profiter un maximum. L’endroit était magnifique j’avoue. Pas un bruit, de la verdure partout, les montagnes au loin, un paysage superbe. On s’est installé sur la terrasse et on a rien fait en fait… on s’est prélassés en rigolant sur ce qu’on avait été obligés d’écouter toute la journée, se disant qu’on aurait sûrement la même chose le lendemain. Le temps a passé sans trop qu’on s’en rende compte, la lumière baissait de plus en plus, la fin de journée arrivait.

Les propriétaires nous ont invités à nous rendre dans le salon pour être mieux installés. Intérieurement, je me disais qu’on n’avait même pas encore vu les chambres, mais visiblement, ça n’inquiétait personne. La fin de journée s’est continuée dans un grand salon où on s’est affalés sur les canapés pendant qu’on nous préparait le repas. J’ai mis la question des chambres sur le tapis. Chacun y est allé de son commentaire en disant que vu que le cadre était beau ici, les chambres devraient être belles aussi et de toute façon on allait n’y passer que deux nuits donc bon… le sujet à vite changé et nous avons été invités à passer dans la salle à manger.

Honnêtement le repas était généreux et on s’est presque tous régalés. Repus, on était repus. Étant donné que notre groupe était le seul présent dans la maison, on a invités les propriétaires à venir manger avec nous, on trouvait ça plus sympa. Le repas s’est passé super bien et au début de soirée, on s’est tous éparpillés pour vaquer à nos occupations. Certains sont allés découvrir les chambres et fatalement, la poisse faisant partie de mon quotidien, je me suis retrouvé avec une belle chambre certes, spacieuse, grand lit, décoration passable ce n’était pas le plus gênant… le plus gênant c’était le lit unique car bien entendu il y avait une personne en trop dans le groupe et quelqu’un allait devoir partager sa chambre. Je vous le donne en mille, c’est tombé sur ma pomme et je me suis retrouvé à faire du partage de chambre avec Philippe. On avait l’air tout aussi con l’un que l’autre mais puisqu’il s’agissait d’y passer deux nuits et qu’on avait passé l’âge de faire les difficiles, ça devait bien aller. On a posé nos affaires et on est redescendu passer la petite soirée avec le reste du groupe qui était déjà en train de goûter aux digestifs divers et papoter de tout et de rien.

Au moment de partir au lit, les railleries de tout le monde se sont fait entendre, fatalement, chacun nous souhaitant une belle nuit à tous les deux. Heureusement que l’humour était encore là, mais effectivement, on est monté tous les deux se coucher. Arrivés dans la chambre on rigolait encore un peu de la situation avec des « j’espère que tu ronfles pas trop », « j’espère que tu parles pas quand tu dors ». Je pense qu’on essayait de détendre l’atmosphère. Je lui ai dit que la dernière fois que j’avais dormi avec un garçon je devais être tout gosse et que ça devait être avec mon cousin en camping. Je lui ai quand même dit que je trouvais ça étrange mais que bon, on n’allait pas construire une autre chambre dans la soirée. Il m’a rassuré en me disant qu’il fallait pas que je m’en fasse et vu l’alcool qu’on avait bu et ce qu’on avait mangé, y avait de fortes chances qu’on tombe comme des masses.

On a fait nos aller-retour chacun son tour dans la petite salle de bains attenante à la chambre pour se préparer. Je me suis déshabiller au pied du lit et il est sorti de la salle de bains en boxer en me demandant si y avait un côté du lit que je préférais. Je suis resté bloqué quelques secondes en me disant ‘merde il va dormir comme ça’… j’ai dit que je préférais à gauche d’habitude. Ça tombait bien lui dormait à droite.

On s’est installé au lit, j’étais torse nu en bas de pyjama. Il s’est couché en me disant

  • Ah tu dors en pyjama toi ? J’aurais pas pensé ça
  • Non, d’habitude je dormais nu, mais vu la situation, je préfère le garder, pis j’ai rien en dessous en plus
  • Tu as peur de moi où c’est pour pas me choquer ?
  • Plus par respect oui, je ne sais pas trop en fait
  • Si tu veux dormir nu, te prends pas la tête pour moi. Moi de toute façon je me couche en boxer mais en général il fait pas long feu, je dors mieux sans rien et j’ai déjà chaud.

Je suis rentré sous la couette en hésitant un moment. Je l’ai vu bouger un peu et il m’a dit « voilà, j’ai fait le premier pas », en me montrant son boxer qu’il a jeté au bas du lit. Il m’a fallu quelques secondes de réflexion mais j’ai décidé de faire pareil. J’ai enlevé mon bas de pyjama qui finalement me gênait plus qu’autre chose. J’étais nu, dans un lit bien douillet avec un de mes collègues de travail, nu aussi… Cette situation me semblait complètement surréaliste.

  • Tu imagines les potins qu’on pourrait entendre si les collègues nous voyaient comme ça ?
  • Ah ça on boufferait des remarques pendant plusieurs semaines c’est certain. Faudra pas qu’ils le sachent si on veut être tranquille

Il m’a regardé et m’a demandé si je les croyais capable de venir en pleine nuit pour faire les cons. J’ai répondu que certains oui pourrait le faire facilement, surtout s’ils avaient pas mal bu. Il s’est levé pour aller fermer la porte à clef. Je l’ai vu revenir nu, sans rien cacher, visiblement il était à l’aise. Il s’est recouché en me disant

  • Voilà comme ça on ne sera pas dérangés
  • Ils vont trouver ça louche qu’on se soit enfermés, enfin s’ils viennent voir
  • Ouais mais c’est toujours mieux que d’être surpris nus dans le même lit, non ?
  • Tu marques un point oui.

On est resté la un moment, à se détendre, surtout moi j’avoue, je n’osais plus bouger. Je sentais sa jambe contre la mienne. Je n’ai pas bougé la mienne, on était en train de parler et j’étais presque paralysé de trouille mais plus on papotait plus les confidences se faisaient et ça a détendu l’ambiance. Et au fur et à mesure, je crois qu’on appréciait chacun cette proximité et cette nouvelle complicité.

On est venu à parler plus personnellement de nos vies et de ce qu’on vivait chacun de son côté. Quelque chose de commun s’est révélé en vivant cette situation bizarre. On trouvait tous les deux que ce moment partagé était sympa, intime, complice et presque tendre. Et c’est justement ça qui nous a fait nous rendre compte que chacun de nous était en manque flagrant de tendresse. Pas une tendresse charnelle voire sexuelle, mais plus une tendresse dans le comportement, d’une attention particulière accordée pendant un moment, une proximité, une complicité. Pendant l’espace d’un moment, ça nous a un peu miné le moral je dois l’avouer, mais d’en parler nous a soulager peut-être un peu aussi. Au bout de quelques longues minutes de réflexion, j’ai baissé un peu le drap qui remontait presque jusqu’à mon menton. J’ai exposé mon torse en tendant le bras et je lui ai dit :

  • Si tu veux un endroit plus douillet pour te poser quelques minutes…
  • Tu m’ouvres tes bras pour un surplus de tendresse ?
  • Tu seras peut-être pas si mal

Il a relevé son drap aussi, s’est rapproché de moi et il est venu poser sa tête sur mon torse. J’ai reposé mon bras derrière lui pour l’enserrer plus douillettement. Il a posé sa main sur mon torse. J’ai senti tout son corps se rapprocher du mien. Il était tout chaud. J’ai senti une de ses jambes remonter sur les miennes. J’ai replié un peu le drap sur nous. J’ai appuyé mon bras contre son dos pour le caler tout contre moi. Et on est resté un moment comme ça, continuant de parler, s’échangeant chacun une part de tendresse, un moment de complicité. Il s’est endormi dans mes bras au bout d’une petite demi-heure, je n’ai pas osé le bouger. Je me suis endormi aussi.

Le lendemain matin on s’est réveillé presque dans la même position. C’est notre érection matinale qui nous a réveillé en premier et qui nous a un peu mis mal à l’aise, mais le réveil qui a sonné nous a vite fait oublier ce détail anodin. On s’est préparé en vitesse du moins malgré le réveil un peu bousculé. Entre deux passages dans la salle de bain, il m’a dit qu’il avait passé une nuit excellente et qu’il avait apprécié chacune des paroles qu’on s’était confié. J’ai répondu pareil, j’avais effectivement passé un super moment et une nuit inoubliable.

On en a presque regretté de n’avoir que deux jours de formation, mais on s’est consolé en se disant qu’il nous restait encore « ce soir ». On s’est mis a rire en finissant de se préparer et on a retrouvé les autres qui nous ont évidemment fait un accueil bien particulier avec leurs questions à la con mais comment leur en vouloir… et s’ils savaient…

La deuxième journée de formation allait paraître encore plus longue que la première en attendant ce soir, qu’on retrouve la chambre, le lit et cette nudité partagée dans un élan de tendresse masculine… j’avais adoré ma nuit, et j’en voulais déjà encore…

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