La reine de la pop sort  «Rebel Heart», son 13e album. Moins dance, plus pop, il signe le grand retour de la star aux affaires, son meilleur album depuis 10 ans.

Elle tient son rythme de métronome depuis 1983. Tous les deux ou trois ans, Madonna sort un disque avec une pugnacité mécanique. Et tous les deux ou trois ans elle se risque à la critique toujours un peu plus sévère à mesure que le temps passe.

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Rebel Heart est le disque de la renaissance.

Comme à son habitude, Madonna s’est entourée d’une équipe qui tape fort. Diplo, Avicii, la crème de l’electro pop a été convoquée pour produire un album somptueux. Mais aussi celle du rap bitch de Nickie Minaj et du phénomène Chance the Rapper, 21 ans, promu nouvelle étoile du hip-hop de Chicago (et ça fonctionne très bien). A côté de ces guests – il y a même Mike Tyson qui boxe son flow dans un coin –, Madonna a aussi retrouvé son sens du song­writing. Il y a même des moments parfaitement délicieux («Body Shop», «Messiah», «Rebel Heart») tout au long de ces 74 minutes tubesques. De quoi largement faire oublier l’hyper-énergique MDNA avec ses bpm calibrés pour les cours de Zumba.

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Du côté des textes, la chanteuse américaine va chercher son inspiration dans les profondeurs insondables de son âme. Elle parle d’amour, bien sûr, mais aussi des tentations diaboliques («Devil Pray»), de la fragilité du people face au harcèlement médiatique (en faisant rimer Jeanne d’Arc avec Dark) et de théorie du complot («Illuminati»). Cela rend ce 13e opus très agréable à écouter.

A 56 ans, dont trente-deux passés sous les feux de la rampe, la chanteuse n’a plus rien à prouver. Inusable, increvable, Madonna est devenue la Madone, créature intouchable qui, même lorsqu’elle se prend les pieds dans sa cape Armani aux Brit Awards, chute avec une divine élégance. Elle peut faire ce qu’elle veut, comparer l’intolérance de notre époque à celle de l’Allemagne nazie, se déguiser en gothic-lolita un peu limite pour prouver à sa copie en jeune, Lady Gaga, qu’elle en a sous la semelle. Certains y voient une recherche tragique du temps perdu, d’autres les extravagances amusantes d’une star pour qui l’âge des femmes représente l’ultime bastion de la discrimination à faire tomber.

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La cover en noir et blanc de Rebel Heart cherche en cela à renouer avec ses 20 ans. Mais plus subtilement qu’auparavant. Fini la Madonna qui veut régater avec Katty Perry en faisant la fofolle en shorty noir sur fond rose bonbon. Le visage ficelé comme une paupiette, la photo de Rebel Heart rappelle le bondage coquin de la grande époque Erotica, voire encore plus loin le truc mutin de Like A Virgin, le hit qui a lancé sa légende. La star, elle, imagine plutôt dans ce saucissonnage un acte de résistance dans notre époque troublée. Un personnage fascinant.

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