Madame X Tour, un spectacle digne d’être montrée dans les plus grands musées d’art contemporain

Dans Madame X tour, proposé 12 fois à paris au Grand Rex, Madonna apparaît derrière un drapeau américain troué par les balles. C’est parti pour 2h20 de show extraordinaire découpé en trois actes avec 60% de chansons tirées de son dernier album Madame X sorti en juin 2019.

Le spectacle est une performance digne d’être montrée dans les plus grands musées d’art contemporain.

Le décor est composé d’escaliers amovibles, avec des portes et des alcôves sur lesquels sont projetées des vidéos toutes plus réussies les unes que les autres. En tricorne à plumes, costume de soldat de la révolution, elle dénonce d’abord les armes à feu avec le titre God Control. «We need to wake up, wake up», martèle-t-elle.
«Dieu est une femme»

Aux jambes, elle porte deux larges genouillères pour protéger ses ligaments abîmés. Cela ne va pas l’empêcher de danser, de grimper sur son piano, de lever la jambe, de faire le poirier et le grand écart. À 61 ans et en étant blessée, c’est impressionnant.

Elle enchaîne avec Dark Ballet, un hommage à Jeanne d’Arc avec un décor de cathédrale gothique, des prêtres effrayants et des danseurs en robe blanche avec des masques de chevaux. Ses trois plus jeunes filles, Mercy, Estere et Stella la rejoignent sur scène pour chanter Express Yourself a capella. «Dieu est une femme», nous assure la petite Estere qui a cette heure mériterait d’être au lit.

À Lisbonne, le second fils de Madonna, David qui joue au club de foot du Benfica était sur scène, pas à Paris. Lourdes, l’aînée qui est d’une beauté saisissante apparaîtra plus tard pour Frozen. C’est le plus beau moment du show. Entre deux chorégraphies, on remarque qu’elle a tatoué les trois lettres «Mom» sur ses phalanges. Au final, seul Rocco, le fils de Madonna et de Guy Ritchie est totalement absent de cette tournée.

La diva prend son temps, parle beaucoup au public. Ce soir, elle est plutôt de mauvaise humeur, plaisante peu, mécontente de l’apathie générale du public. «Vous n’êtes pas assez enthousiastes», reproche-t-elle plusieurs fois sans jamais s’excuser de ses trois heures de retard. Sur Vogue, on bascule dans l’univers glam’ du Hollywood des années 50 avant de plonger dans un polar noir sur I Don’t Search I Find où Madonna est interrogée par deux détectives.

«Professeure, espionne, prostituée, mère et sainte… Madame X est tout cela», clame-t-elle. Arrive un moment étrange du show où elle vend aux enchères un selfie qu’elle frotte entre ses cuisses pour en augmenter le prix. «Je veux des gros billets pour les orphelins du Malawi, où sont les généreux Parisiens?» Un spectateur propose 1500 euros, un autre 1200. Elle étale les billets sur la scène. «Ce sont des orphelins, tu n’as pas plus?» dit-elle à une fan allemande. «Je suis aussi orpheline», lui rétorque celle-ci. Madonna n’insiste pas. Elle revient avec American Life qui se termine par un cercueil recouvert du drapeau américain porté à bout de bras.
Le «petit pénis» de Donald Trump

L’acte 2 peut commencer.

On quitte l’Amérique de Trump. L’océan Atlantique rugit, on aperçoit l’ombre d’un vaisseau de Vasco de Gama, des cartes anciennes défilent. Madonna a vécu plusieurs mois depuis 2017 au Portugal en raison des cours de foot de son fils David. Des chanteuses du Cap Vert traversent le public pour monter sur scène. Un sublime décor en faïence bleue.

Sous le ciel étoilé, Madonna revient en carré brun cranté chanter Batuka, Isla Bonita, Medellin… Elle se lance dans un tendre tango avec son jeune compagnon danseur, reconnaissable à sa fine cravate rouge. Elle lui porte un «toast d’amour» en français et crie «Vive la France!» avant de s’asseoir à l’orchestre près de Jean-Paul Gaultier. Lui, avec un délicieux accent: «I love ze show». Elle le remercie: «Livres, art, musique…tu as fait mon éducation culturelle. Je t’aime tellement.» Il insiste et lui dit adorer le show. Nous aussi.

Madonna réussit un show très personnel où elle mélange différentes musiques, différents continents. Les danseurs, notamment les Français, sont impressionnants tout comme les chorégraphies très pointues. La chanteuse ne lâche rien sur son engagement politique.

Elle est pour la démocratie et le droit à l’avortement. Contre les armes à feu, les dictatures et Donald Trump, dont elle répète qu’il a «un petit pénis» . Si elle pouvait respecter davantage son public et ne pas arriver avec trois heures de retard, cette première soirée à Paris aurait été… parfaite.

 

Copyright Le Figaro


Ne manquez aucun article de la Gay Life en cliquant ici

Épinglé dans :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.