L’avortement, un droit à défendre

Il y eut des pétitions, des éditoriaux, des discours, des plaidoiries. Ils furent passionnés, violents, parfois insultants. Et finalement, le 17 janvier 1975, la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse entra en vigueur. C’était il y a 40 ans.

Le HuffPost a voulu faire un bilan de ce droit des femmes à disposer de leur corps refusé à 40% d’entre elles dans le monde, selon les mots d’Anne-Cécile Mailfert, présidente d’Osez le féminisme dans la préface à son livre, “Ils ne décideront plus pour nous, débats sur l’IVG” paru en janvier 2015.

En France, un droit à faire progresser et à défendre

40 ans après et malgré une législation parmi les plus avancées du monde, l’avortement en France reste un droit qu’il faut encore défendre, les a priori qui entourent cet acte subsistent. La veille de cette date anniversaire, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a annoncé un plan pour améliorer l’accès à l’avortement, dont la prise en charge à 100% des échographies et examens biologiques. Depuis 2013, l’acte est totalement remboursé par la Sécurité sociale. Désormais les actes associés le seront aussi.

La ministre a également proposé que les sages-femmes soient à l’avenir autorisées à réaliser des IVG médicamenteuses et les médecins des centres de santé des IVG instrumentales. D’autres mesures seront inscrites dans la loi de Santé pour assurer une “fluidité” du parcours des femmes vers l’IVG, a encore souligné la ministre, comme la facilitation du recrutement de médecins contractuels dans les établissements.

Au départ, la loi votée en 1975 ressemblait à ça

Dans le programme d’actions pour améliorer l’accès des femmes à l’IVG, figure aussi la création en septembre d’un numéro national unique d’appel pour répondre aux questions sur la sexualité, la contraception et l’IVG, de même que la création d’un portail web dédié. Marisol Touraine a exprimé sa volonté d’assurer à chaque femme qu’elle trouverait un moyen d’avorter près de chez elle. “Quand l’accès à l’avortement n’est pas facile, ce sont les femmes les plus fragiles socialement qui en payent le prix”, a estimé la ministre.

Autre menace sur l’avortement, les “politiques d’austérité” et les fermetures de maternités pratiquant l’IVG, selon la CGT dans un communiqué publié vendredi 16 janvier. “Les droits que nous obtenons après de longs combats ne sont jamais définitivement acquis, ils peuvent à tout moment être réduits voire même supprimés”, prévient le syndicat. Selon lui, la loi HPST de l’ancienne ministre UMP Roselyne Bachelot, votée en 2009 par la précédente majorité mais “toujours d’actualité”, “tend à réduire gravement” l’accès à l’avortement, par “la fermeture de nombreuses maternités où sont pratiquées les IVG”. “De même, les politiques d’austérité, menées par les gouvernements successifs, mettent à mal les services publics, ajoute la CGT. Et moins de service public engendre plus d’inégalités et notamment celles entre les femmes et les hommes”.

Les degrés du droit à l’avortement dans le Monde

Il existe quatre degrés d’application du droit à l’avortement dans le monde. Au Brésil, en Égypte, à Madagascar ou en Malaisie l’avortement est interdit dans presque toutes les circonstances. Dans tous les pays du monde, “un seul motif autorise l’avortement de façon quasi systématique : lorsque la vie de la vie de la femme est en jeu”, explique Agnès Guillaume chercheur à l’Ined (L’Institut National d’Études Démographique) auteure du chapitre “Le droit à l’avortement” dans “l’Atlas mondial des femmes” publié aux éditions Autrement en janvier 2015. Au Maroc, en Corée du sud, en Éthiopie ou en Thaïlande, l’avortement est autorisé uniquement si la santé ou la survie de la femme sont en jeu.

Pour y voir plus clair, voici une carte issue de l’Atlas mondial des femmes regroupant toutes les législations en la matière:

avortement
En revanche l’IVG est autorisé si la santé, la survie de la femme ou des motifs socio-économiques viennent justifier l’acte en Royaume-Uni, en Inde ou au Japon. L’avortement est autorisé sans restriction majeure dans moins de trois quarts des pays développés et seulement un pays en développement sur six, c’est le cas de la France, l’Amérique du Nord, l’Afrique du Sud ou encore la Russie.

Aujourd’hui, 40% des femmes vivent dans un pays où l’avortement est interdit. 40, c’est aussi le nombre de femmes qui subissent toutes les minutes un avortement clandestin, parmi elles, 9 perdront la vie au cours de cette intervention. Ce graphique issu du même Atlas des femmes montre les différences entre pays développés et pays en développement.

avortement graph 2

Force est de constater qu’en cas de viol ou d’inceste, seuls 39% des pays en développement autorise l’avortement, contre 86% des pays développés. Il reste beaucoup de progrès à faire.

Pour aller plus loin sur ce sujet, un reportage passionnant sur l’avortement au Brésil a été publié sur YouTube et sous titré en français en septembre 2014 :

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